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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 19:43

  Dans « Vol 714 pour Sydney », Hergé casse ses jouets.

  Poursuivant dans la voie qu’il avait ouverte avec « Tintin au Tibet », il ne cède plus au relatif classicisme qui avait été le mot d’ordre de la plupart des aventures de Tintin.

  Si le délai de sortie entre chaque album s’allonge, on sait désormais que c’est pour mieux surprendre ses lecteurs.

  Avec cet avant-dernier épisode, nous retrouvons quelques vieilles connaissances. Du côté des mauvais, Rastapopoulos fait sa dernière apparition officielle. Celle de trop pour lui, clairement : en effet, il sera plus que jamais ridiculisé au fil de l’album, victime de ses propres pièges, secondé par un Allan encore plus bouffon que lui-même.

  La science-fiction pointe le bout de son nez dans la dernière partie de l’histoire, avec l’intervention brève mais flagrante d’une soucoupe volante. On sent bien qu’Hergé, après la malédiction de Rascar Capac et le Yéti, continue à explorer des sujets flirtant avec l’irrationnel (une revue bien documentée est d’ailleurs sortie l’an dernier, abordant l’ésotérisme et le fantastique dans les aventures de Tintin).

  « Vol 714 pour Sydney » renoue de façon évidente avec la grande aventure, après deux albums au traitement quelque peu différent. Mais, comme je le disais plus haut, Hergé en a peut-être marre des formules toutes faites : les méchants échouent lamentablement, nos héros sont continuellement parasités par le personnage infect du milliardaire Carreidas (comme d’habitude avec Hergé, et en partie grâce à ce personnage, l’histoire bénéficie d’un démarrage flamboyant et drôlissime dans l’aéroport).

  Toujours est-il que le ton de ce récit est différent, malgré une structure et des rebondissements classiques, menés à un rythme soutenu. Quelque chose a clairement changé dans l’univers de Tintin. Cet album et le suivant sont souvent critiqués, même par les tintinophiles, qui soulignent une baisse de régime par rapport aux précédents épisodes. Pour moi, « Vol 714 pour Sydney » tient bien plus de l’album de transition (une forme classique avec un fond qui tente de nouvelles expériences – le tout étant plutôt réussi) que du simple ratage.

© Hergé/Moulinsart

© Hergé/Moulinsart

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