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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 11:55
Les escaliers dans la série des "Harry Potter"...

Les escaliers dans la série des "Harry Potter"...

  Il est des choses auxquelles on ne prête même plus attention tellement il est devenu banal de les croiser dans un film. Non, je ne parlerai pas ici de la tasse de café (encore que son utilisation dans « Usual Suspects » mérite le détour) ou du clavier d’ordinateur, mais de… l’escalier (il faut suivre !).

  Ce dernier est un élément qui a souvent été utilisé de façon significative au cinéma, et ce depuis longtemps. Régulièrement, dans certains films, l’escalier est un passage obligé vers un lieu qui attire inexorablement le héros. Des personnages ne font que passer, arpentant rapidement les marches, d’autres vivent des scènes incroyables en plein milieu de leur ascension. Voici quelques propositions de titres (absolument pas exhaustives) en guise d’illustrations…

 

  Difficile de faire l’impasse, pour commencer, sur le film d’Eisenstein, « Le cuirassé Potemkine », sorti en 1926 chez nous. Cette œuvre influencera jusqu’au brillant De Palma avec son long-métrage « Les Incorruptibles » (1987) : dans une séquence aux ralentis et au suspense savamment dosés, le réalisateur nous rejoue la scène, signant un morceau de bravoure visuel comme il en a le secret. Le landau qui descend chaque marche l’une après l’autre, tandis que la fusillade menée par Kevin Costner éclate tout autour… autant d’images que le cinéphile garde précieusement en mémoire.

  En 1980, Stanley Kubrick utilisait à sa manière l’un des immenses escaliers de l’hôtel « Overlook » dans « The Shining », à l’occasion d’une séquence de terreur pure où un Jack Nicholson complètement déglingué s’en prend à sa femme. La scène est un subtil mélange de lenteur (les acteurs évoluent tout d’abord dans l’immense pièce de l’hôtel puis dans le grand escalier, à pas lents) et de brutalité (entre les propos menaçants du mari et les grands gestes que fait sa femme pour le faire reculer, armée d’une batte de base-ball).

 

  Petit bond en arrière, au cœur du cinéma classique, avec Alfred Hitchcock, qui a su se servir de nombreux ingrédients pour alimenter sa « sauce suspense ». Bon nombre de tensions et de drames se jouent au fil de la cinquantaine de longs-métrages du grand Hitch, où l’escalier tient une place de choix et on pourrait citer une longue liste d’exemples.

  Morceaux choisis : dans son plus beau film, « Vertigo », les marches menant au clocher deviennent pour le personnage principal une source d’angoisse incontrôlable. Cet escalier, d’aspect sinistre, il n’en verra jamais le bout, frappé de vertige, et cela changera sa vie pour toujours (je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler cette œuvre absolument sublime).

  Dans les autres titres bien connus du Maître, qu’on se souvienne de « Psychose » et de sa terrifiante demeure : entre une victime qui dégringole les marches à reculons après avoir été attaquée et une femme qui descend l’escalier menant à la cave, ne se doutant pas qu’elle va avoir le choc de sa vie une fois arrivée en bas.

  Dans « Frenzy », l’assassin accompagne sa victime, montant l’escalier qui mène à l’appartement de la Mort. On se rappellera de ce plan-séquence où la caméra redescend ensuite les marches pour se retrouver dehors, finissant en plan large sur la façade derrière les fenêtres de laquelle on sait qu’un drame est en train de se jouer.

  Quelques années plus tôt dans sa carrière, Hitchcock se servait de l’escalier dans le hall d’entrée du « Crime était presque parfait » comme cachette pour la clé de l’énigme. Du grand art.

  Le maître du suspense a toujours eu l’esprit foisonnant d’idées dans tous les domaines : il est à ce titre normal de le retrouver en tête des noms cités dès que l’on aborde un thème particulier au cinéma, comme nous le faisons dans ces pages. Bien entendu, je conseille au lecteur de revoir la plupart des films de Sir Alfred. Au-delà du fait qu’il a rarement loupé son coup, vous pourrez découvrir d’autres exemples illustrant le sujet qui nous intéresse ici… jusque dans le titre « Les 39 marches »…

 

  Restons un moment dans le cinéma classique, celui des années 50, et ajoutons une touche sexy à notre propos, avec la comédie signée Billy Wilder, « Sept ans de réflexion ». La démarche de Marilyn Monroe faisait déjà des ravages dans « Niagara », mais que dire de ses ascensions d’escalier dans ce long-métrage mondialement connu surtout pour la séquence de la robe blanche de la star se soulevant au-dessus de la bouche de métro ? Non pas que la comédienne ait besoin de monter des marches pour être renversante mais il faut avouer que le réalisateur, avec ce film très réussi, signe des plans inoubliables de Marilyn, dont la manière de se déplacer, d’une sensualité peu commune, reste un plaisir absolu pour les yeux.

 

  Du côté du cinéma de genre, le fantastique n’est pas en reste : nous avons évoqué plus haut le film de Kubrick, mais un autre classique de l’épouvante nous offre une scène impressionnante : « L’exorciste » de William Friedkin. La séquence en question, c’est lorsque l’enfant, interprétée par Linda Blair, descend l’escalier chez elle, complètement possédée, le corps à l’envers (on dirait une araignée humaine). La fin du film montre également le corps du prêtre qui s’est tué en s’écrasant sur des marches.

  Un autre film utilise astucieusement l’escalier d’une maison hantée pour provoquer la trouille chez le spectateur : « The Grudge », remake américain d’un film japonais, signé Takashi Shimizu. Les événements funestes qui ont déclenché la malédiction frappant tous ceux qui rentrent dans la demeure ont eu lieu au premier étage. On sait donc que, à partir du moment où l’un des personnages s’aventure sur les premières marches, poussé par la curiosité de voir ce qu’il y a en haut, il ne peut rien lui arriver de bon (les séquences horrifiques sont plutôt réussies dans le genre). En cela, l’escalier tortueux de « The Grudge » est un excellent vecteur d’angoisse et de suspense tout au long du film. Les plans en contre-plongée mettent particulièrement en valeur cette tension palpable dès qu’un bruit vient de l’étage ou qu’un fantôme apparaît au coin de l’écran. Et une mort violente est promise à ceux qui parviennent en haut des marches.

  Enfin, histoire de finir sur une note plus sympathique, rappelons une utilisation originale et pratique des multiples escaliers amovibles et pivotants au sein du château de Poudlard, dans la série de longs-métrages des « Harry Potter ».

 

  L’anecdote est connue, celle qui dévoile qu’Alfred Hitchcock (encore lui !) avait comme projet de tourner intégralement un film dans une cabine téléphonique (ce qui a presque été fait avec le long-métrage « Phone Game », il y a quelques années). Il pourrait être intéressant de lancer le même concept avec unité de temps, de lieu et d’action dans un escalier. Je n’ai pas vu de film respectant cette contrainte, je ne suis pas certain qu’il en existe… voilà peut-être une idée de scénario à creuser…

 

 

"Les Incorruptibles" de Brian De Palma et "L'Exorciste" de William Friedkin
"Les Incorruptibles" de Brian De Palma et "L'Exorciste" de William Friedkin

"Les Incorruptibles" de Brian De Palma et "L'Exorciste" de William Friedkin

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david verdier - dans Cinéma
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