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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 19:16
GRAVE de Julia Ducournau
GRAVE de Julia Ducournau

  Découvert en avant-première en salle, ce film écrit et signé par Julia Ducournau remplit son contrat : vendu comme une œuvre comportant son lot de scènes gores, on en a pour son argent. « Grave » est cependant un produit hybride, assez difficile à classer : pas vraiment un film d’horreur, pas non plus un long-métrage fantastique dans le sens strict du terme, il utilise quelques codes propres au thriller, sans s’en rapprocher plus que ça…

  La réalisatrice livre un premier film qui n’oublie pas de citer quelques références incontournables (« Carrie », « La nuit des morts-vivants »), sans pour autant insister dessus ou les copier bêtement : elle met en scène son histoire, prenant le temps d’exposer certaines situations, de faire durer certains plans, jusque dans de brèves échappées oniriques et symboliques qui ne déplairaient probablement pas à un David Lynch. Même les scènes sanglantes sont filmées sans esbroufe, avec une froideur qui peut parfois mettre mal à l’aise. Le film aborde de toute manière des thématiques « casse-gueule » (perte de la virginité, cannibalisme, les deux s’entremêlant d’ailleurs dans une scène superbe où l’héroïne fait l’amour avec son colocataire gay) mais sans tomber dans le graveleux. Alors oui, des passages peuvent indisposer le spectateur non averti (ce qui n’a pas manqué d’arriver durant la séance) mais pour l’amateur de film de genre, il y a moyen d’y trouver largement son compte.

  Sans miser sur l’action ou une tension de tous les instants, le long-métrage défile sous nos yeux et, pour peu qu’on se laisse embarquer, l’expérience vaut le détour : le jeu des comédiens, convaincant, renforce la crédibilité d’une intrigue qui est souvent sur le fil du rasoir. On ne tombe jamais dans le ridicule et, si bien des sentiments nous assaillent durant la projection, on se prend malgré tout d’affection pour le personnage interprété par Garance Marillier.

  S’il est difficile de conseiller un tel film autour de soi, je retiens pour ma part le nom de Julia Ducournau, impatient de suivre la suite de sa carrière. "Grave" prouve que le cinéma de genre n'est pas mort en France. Et rien que ça, c'est précieux !

GRAVE de Julia Ducournau

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david verdier - dans Cinéma
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