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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 11:00

  Si l’on devait citer une adaptation littéraire ‘pète-gueule’, « Le Parfum » arrive indéniablement en bonne position. Le roman de Patrick Süskind, célèbre pour son originalité et son style flamboyant, est en effet passé dans de nombreuses mains avant de voir le jour dans les salles de cinéma. Et on ne peut pas dire que ce furent des tâcherons qui s’intéressèrent au projet : tout d’abord Stanley Kubrick, qui chercha longtemps une façon inédite et originale de transposer ce chef-d’œuvre à l’écran. Puis des cinéastes comme Martin Scorsese, Ridley Scott, Roman Polanski ou encore Tim Burton se succédèrent pour tenter leur chance. Mais aucun ne franchit le pas. C’est finalement Tom Tykwer qui a signé le film. On doit à ce dernier, entre autres, le film « Cours, Lola, cours ».

  Tykwer a intelligemment transposé le roman en images : il a su rester fidèle à l’histoire tout en la rendant crédible, car le livre de Süskind s’apparente plutôt à un conte horrifique lorsqu’on s’arrête à une première lecture. Le mélange des genres qui caractérise l’histoire n’était pas simple à gérer dans un long-métrage de deux heures (le film avoisine d’ailleurs les 2 h 30) : dans un contexte historique précis, l’intrigue mêle drame et comédie, virant parfois au fantastique, ou encore au style policier. Tykwer a formidablement bien équilibré le tout, et le rythme du film ne faiblit jamais, si ce n’est à la fin, lors de la séquence sur la grande place. Là, il y a un net ralentissement, marqué d’ailleurs par des suspensions dans l’action, d’autant plus dommages qu’il s’agit d’une des scènes les plus ‘risquées’ du film, qui aurait donc mérité un traitement ‘neutre’.

 

Le Parfum 2

 

  Bref, l’adaptation du plus beau roman de ces vingt dernières années est réussie. Car l’envoûtement que provoquaient les pages écrites par Süskind se retrouve bel et bien devant les images de Tykwer. La reconstitution, soignée et bien photographiée, nous fait rentrer dans l’histoire dès les premières minutes de film. La voix off, qui est évidemment calquée sur le texte du roman, est dite dans la version française par Jacques Perrin. Avec talent, donc.

Pour conter cette histoire du jeune Jean-Baptiste Grenouille, garçon à l’odorat hyper-développé capable de reconstituer n’importe quel parfum sans en connaître les ingrédients, Tom Tykwer a opté pour une mise en scène qui a rarement recours à des excès ou du tape-à-l’œil. Il a lui-même signé la musique de son film, musique par ailleurs très belle, et le casting est fort séduisant : les ‘vieux routiers’ que sont Dustin Hoffman et Alan Rickman, le jeune Ben Whishaw, qui compose un fantastique Jean-Baptiste Grenouille, et la sublime (le mot est faible) Rachel Hurd-Wood, dont chaque apparition est une merveille pour les yeux. 

  Si l’on admet dès le départ certains partis pris fantaisistes, voire fantastiques – de toute façon déjà présents dans le roman de Süskind –, on ne peut qu’être charmé par « Le Parfum », une belle réussite cinématographique, et une adaptation intelligente de l’un des livres les plus difficilement transposables. Le pari était risqué, mais le résultat est largement à la hauteur.   

 

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david verdier - dans Cinéma
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